Salon Tech For Industry - Juin 2026 ⭐⭐
Un salon consacré à l'informatique d'entreprise (ERP, IA agentique, standard OPCUA ...) trés réussi pour une première édition et un format concentré sur un Hall (stands, conférences en pleinière ou en salle dédiée) qui donne envie de revenir en 2027.
J'étais le 24 juin au salon Tech For Industry à la Porte de Versailles à Paris. Pour cette première édition sur 2 jours (23 et 24 juin), le salon a tenu sa promesse : mettre en lumière les solutions informatiques pour l'industrie (ERP, logiciel de design, solutions métiers ...).
✅️ Sur 2 jours et un lieu concentre (un Hall), de nombreux stands, 3 salles de conférences avec le témoignage d'acteurs majeurs (Stellantis, Renault, Safran, EDF, BPI ...), un espace Start-Up et un Hall climatise 😅. Et une organisation du salon plutot très réussie avec une bonne affluence.
✅️ Au centre du débat, la nécessaire transformation digitale des entreprises, les freins, les impacts. Beaucoup d’IA agentique pour aider dans le WorkFlow des outils et processus industriels.
✅️ Et un ressenti par tous d’une relative accélération du changement et de l’innovation en Europe. Le numérique pour l'industrie est un secteur économique à part entière qui permettra à une multitude d’acteurs européens (PME, grands groupes) de se développer et d'exporter savoir-faire et technologies.
Mister Turbino, dépolluer les rivières ⭐
Dépolluer les rivières et zones côtières du plastique accumulée. Vaste programme auquel s'attaque l'invention Mister Turbino, primé par le grand prix du Concours Lépine 2026 qui se tient tous les ans à la Porte de Versailles dans le cadre de la Foire de Paris. Avec cette invention, on est loin du gadget pour le jardin ou la cuisine !
🫧🫧 Mister TURBINO 🫧🫧est un dispositif sous-marin autonome intelligent pour dépolluer les fonds marins. Il a obtenu le Grand Prix 2026 au prestigieux concours Lépine début mai à la Foire de Paris (Porte de Versailles).
♻️ La problématique, ce sont les millions de déchets de petite taille, souvent issus de la décomposition des plastiques qui jonchent le fond des rivières, des ports, des étangs et des océans. Ils deviennent au fil du temps très friables et se fragmentent en microplastiques, envahissent les écosystèmes et se propagent dans la chaîne alimentaire. Selon Alan Mario d’Alfonso Peral, l’inventeur espagnol installé en France “70 % des plastiques sont au fond de la mer et non en surface”.
💡 Il faut noter que le concours Lépine - axé dans le passé sur des inventions à destination des particuliers - récompense de plus en plus des inventions touchant aux grands enjeux sociétaux (vieillissement, handicap, recyclage, déchets) et aux problématiques RSE. Sans doute parce qu’aussi les inventeurs ont réorienté leur travaux et délaissent les “gadgets” pour la cuisine et le bricolage. On ne peut que se réjouir de ce tournant car ce secteur d’innovation est encore assez peu investi par les entreprises qui peinent peut-être encore à y trouver un business rentable.
🦀 L’inventeur a mis au point cet aspirateur sous-marin, sans moteur ni mécanique, qui utilise un vortex à basse pression, généré par des bulles d’air, pour aspirer les déchets. Sans perturber les écosystèmes marins (herbiers …). Un filet vient collecter les déchets. Cela ouvre de nouvelles perspectives pour les entreprises engagées dans la dépollution aquatique. L’aspirateur est soit porté par un plongeur - qui l’approche des zones à dépolluer - et ses bouteilles alimentent alors le flux d’air pour créer le vortex. Mais le dispositif peut être aussi posé au fond d’une rivière et relié par un tuyau qui l’alimente en bulles d’air. Chaque Mr Turbino collecte, mesure et cartographie les déchets, assurant une dépollution traçable et évitant de repasser sur des zones déjà traitées. Une version autonome de Mr Turbino - équipée de capteurs et d’intelligence artificielle - est en cours de développement.
🌿 Mr Turbino est gratuit pour les centres de plongée et les associations de nettoyage. Il est aussi possible, pour les particuliers, comme pour les entreprises ou les collectivités, de parrainer un robot dépollueur afin de financer les actions de nettoyage.
🤔 Evidemment, le mieux est de ne pas relâcher de plastique dans l’environnement. Mais les fonds marins sont déjà pollués et ce dispositif contribue à leur nettoyage.
🌍 Je suis convaincu que dans un proche avenir, des modèles économiques pérennes vont émerger de toutes ces problématiques de dépollution et constituer un nouveau secteur économique à part entière qui permettra à une multitude d’acteurs européens (PME, grands groupes) de se développer et d'exporter savoir-faire et technologies.
BPI Université pour se former
Se former tout au long de sa carrière est devenu un enjeu important pour maintenir son employabilité et acquérir des nouveaux soft-skills. Zoom sur les modules de BPI Université que nous avons particulièrement apprécié.
⚒️ L'art de forger ... ses propres compétences ! Que l'on travaille au pied du cubilot, devant une presse de forge ou dans un bureau d'études matériaux, une réalité s'impose : l'expertise technique ne suffit plus. Pour rester compétitif et garantir son employabilité, la formation continue est notre meilleur allié.
Si les stages techniques de 2-3 jours (traitements thermiques, fabrication additive, simulation numérique) sont les piliers de notre métier, ils gagnent à être complétés par une vision plus transverse
💡 La pépite méconnue : BPI Université
J'ai récemment exploré la plateforme BPI Université et c’est une véritable boîte à outils pour nous, professionnels de l'industrie. Le concept ? Des modules d'e-learning courts (15 à 60 min), gratuits (après inscription), pédagogiques et surtout très concrets.
Ce que j’ai bien aimé :
🎥 De vraies vidéos avec des experts (pas d'IA désincarnée !)
📝 Des quiz en fin de modules sur les points clefs pour valider l'ancrage des connaissances
📥 Des fiches synthèses téléchargeables pour garder l'essentiel sous la main
🌐 Sortir de sa "bulle technique" : Un enjeu stratégique
On pourrait se demander : "Pourquoi un ingénieur métallurgiste irait-il se former au marketing ou à la finance ?" 🧐
La réponse est simple, que vous soyez en PME ou dans un grand groupe :
✅Parler le même langage : Mieux comprendre les enjeux de la supply-chain, de la RSE ou de la cybersécurité permet de dialoguer efficacement avec tous les services de l'entreprise.
✅Ambassadeur de votre savoir-faire : En contact avec les clients, nous faisons tous du marketing sans le savoir. Maîtriser les bases, c'est mieux valoriser la technicité de nos pièces et l'image de notre entreprise.
✅Anticiper les transitions : Intelligence Artificielle, jumeaux numériques, transition écologique... ces thèmes "transverses" feront aussi le futur de nos usines.
📚 Un catalogue assez large qui couvre les fonctions support d'une entreprise industrielle
Le catalogue est impressionnant et couvre des thématiques transverses indispensables aujourd'hui :
✅ Finance & Gestion (comprendre la rentabilité d'une ligne de production)
✅ RH & Management (fédérer les équipes en atelier)
✅ IA & Digital (la donnée au service de la qualité des pièces ou des nouveaux services)
✅ Export & Juridique (sécuriser nos marchés à l'international)
En métallurgie, on sait que pour obtenir une pièce de qualité, il faut le bon alliage et le bon process de transformation. Pour votre carrière, c'est pareil : Technique + Soft Skills = Excellence professionnelle. 🚀
Start-Ups à Global Industrie 2026
Global Industrie met en lumière des entreprises et des Start-Ups présentants des solutions innovantes. Cette édition 2026 à Paris ne manquait pas de challengers. Beaucoup de produits et solutions utilisaient l'IA et étaient en lien avec des enjeux sociétaux ou environnementaux.
Un certain nombre de Start-ups étaient mis à l’honneur au salon Global Industrie qui s'est tenu à Paris parc des Exposition (Villepinte) du 30 mars au 02 avril 2026. Il faut noter que les solutions innovantes développées font appel dans une très large mesure à l’IA et touche au monde industriel (BtoB) en offrant des services innovants en lien avec la productivité, la qualité des produits transformés ou encore avec les contraintes environnementales (poussières, récupération d’énergie, capteur miniaturisé de détection de CH4, dépollution de l’air, …).
Le jury 2026 a privilégié trois axes majeurs :
L'accessibilité : Rendre la robotique et l'IA utilisables par des non-experts (le "no-code");
L'humain : Améliorer les conditions de travail (bruit, ergonomie) et la formation;
La souveraineté : Proposer des solutions "Made in France" ou européennes pour sécuriser les chaînes de production.
Le Prix Spécial « Jeune Pousse » (Start-up) a été décerné à MISUTECH (solution MISULAB) pour son jumeau numérique de l'usinage conçu pour augmenter la productivité et garantir la fiabilité des composants mécaniques critiques, notamment pour les industries stratégiques (aéronautique, défense).
Les autres lauréats des GI Awards 2026
Bien que récompensées dans des catégories thématiques, ces entreprises sont pour la plupart des start-up ou des PME technologiques en pleine croissance :
✅ FORX (Catégorie Innovation Numérique) : Récompensée pour le FORX FX 1, un robot mobile autonome (AMR) capable de détecter les palettes grâce à l'IA sans infrastructure préalable. Son modèle de location vise à démocratiser l'automatisation logistique.
✅ SAFEHEAR (Catégorie Industrie Responsable) : Start-up lyonnaise primée pour son dispositif LOUIS, un système de communication filtrant les bruits parasites pour permettre aux opérateurs de se parler clairement dans des environnements très bruyants.
✅ FUZZY LOGIC ROBOTICS (Prix Coup de Cœur du Jury) : Pour sa solution WeldMate, qui permet de programmer des robots de soudage sans aucune ligne de code via une interface tablette et de la vision 3D.
✅ SEABERY (Catégorie Transformation Technologique) : Pour son simulateur de peinture au pistolet en réalité augmentée, destiné à la formation des opérateurs tout en réduisant les coûts et les risques environnementaux.
✅ LABADIS (Catégorie Performance et Efficience Industrielle) : Pour son élévateur compact qui améliore l'ergonomie et la productivité sur les postes de travail.
L’ensemble des start-up qui concouraient étaient :
▶️ AMFREE
AMFREE, spin-off de IREPA LASER (Strasbourg) lance AMFREE One, une imprimante 3D métal hybride (fabrication additive + usinage + contrôle) conçue pour les industriels (énergie, aérospatial, défense, ferroviaire). Clé en main, elle s’intègre aux lignes de production existantes et permet de fabriquer ou réparer des pièces métalliques de grandes dimensions (plusieurs mètres), avec un débit jusqu’à 1200 cm³/h (8-10 kg/h d’acier, 3-4 kg/h d’aluminium).
▶️ COGNIVANCE
La déperdition des compétences dans l'industrie française représente 19,3M€ de perte projetée en 2030. Cognivance développe l'intelligence augmentée des savoir-faire industriels : capter, analyser, et transmettre rapidement les meilleures pratiques intuitives des experts terrains, pour les pérenniser et améliorer la productivité et la compétitivité. Cognivance permet à ses clients d'analyser et de structurer leurs savoir-faire métiers, grâce à des standards et capsules de formation personnalisés et interactifs, générés automatiquement avec le seul système agentique IA du marché spécialisé en analyse d'activité industrielle : CoGeo.
▶️ DEEP PHY
DeepPhy développe des jumeaux numériques de nouvelle génération basés sur le machine learning informé par la physique (PIML). L’enjeu est majeur : les méthodes traditionnelles de CFD (simulation fluidique) exigent des temps de calcul prohibitifs, limitant l’exploration paramétrique et la réactivité industrielle. L'objectif est de lever ce verrou en proposant des modèles hybrides qui intègrent les équations physiques et les données expérimentales pour produire des prédictions rapides, fiables et interprétables.
▶️ DEEPHAWK
DeepHawk est une solution de contrôle de qualité visuel automatique pour l’industrie manufacturière. Basée sur l’IA, elle analyse des images de produits en direct sur une ligne de production, et détecte les anomalies en 15 ms. DeepHawk sait détecter une anomalie de la taille d’un pixel, apprend plus rapidement (30 mn contre 3 semaines), est très flexible et s’adapte à tout type de produits, de caméras (multi-caméras, images fixes et vidéos, spectre visible, rayons-X, infra-rouge, microscopique), et se déploie en edge sans besoin de connectivité avec l’extérieur. En outre, DeepHawk est une IA frugale qui utilise 375 fois moins de ressources informatiques que les solutions classiques basées sur le deep learning, réduisant d’autant l’impact carbone de l’IA. DeepHawk est déployée chez des grands industriels européens (Stellantis).
▶️ ENTENT
ENTENT développe une machine, le PULSE, permettant de convertir les chaleurs fatales industrielles de basse température (60-150°C) en électricité. L'objectif du projet PULSE est d'aider les entreprises industrielles à réaliser leur transition énergétique en récupérant l'énergie thermique résiduelle qui est actuellement perdue et rejetée dans l'atmosphère.
▶️ Fluiidd
Fluiidd, spin-off deeptech issue du CEA, révolutionne la surveillance des fluides industriels grâce à une technologie unique de scanner électrique munie d’intelligence artificielle. Les canalisations sont transformées en capteurs intelligents capables de détecter en temps réel dépôts, cavitation, corps étrangers, bourrages ou phases gazeuses, même en conditions extrêmes (jusqu’à 600 °C et 330 bars).
▶️ FUZZY LOGIC ROBOTICS
WeldMate est la solution innovante développée par Fuzzy Logic Robotics pour démocratiser la robotique dans le soudage. Dans un contexte de forte pénurie de soudeurs qualifiés et d’exigences accrues en termes de qualité et de productivité, WeldMate permet aux PME comme aux grands groupes industriels d’automatiser rapidement, sans expertise robotique, des opérations complexes de soudure.
▶️ GOLANA COMPUTING
Golana développe une solution deep-tech d’IA qui transforme la maintenance industrielle en la rendant réellement prédictive. L’enjeu : réduire les arrêts non planifiés, les coûts de maintenance et le gaspillage d’énergie sur des parcs hétérogènes où la complexité des signaux (vibrations, courant, champ magnétique…) freine l’anticipation.
▶️ GOLDENEYE SMART VISION (Apollo Plus)
GoldenEye Smart Vision est une machine intelligente d’inspection textile fondée sur l’Intelligence Artificielle auto-supervisée et un système optronique propriétaire. Elle digitalise les rouleaux de tissu, crée leur jumeau numérique et détecte automatiquement les défauts, sans apprentissage préalable ni bibliothèque d’images.
▶️ MIREGA
lle génération d’analyseurs de gaz miniaturisés pour la détection et la quantification des gaz à effet de serre, en particulier le méthane (CH₄) et le dioxyde de carbone (CO₂). Ces émissions fugitives représentent un enjeu critique : leur réduction est identifiée par l’Agence Internationale de l’Énergie comme l’action la plus efficace à court terme pour limiter le réchauffement climatique.
▶️ MISUTECH
MISUTECH révolutionne l’ingénierie de fabrication mécanique en relevant un double défi : accroître la productivité des procédés d’usinage tout en garantissant la fiabilité des pièces critiques. Issue de vingt années de recherche au laboratoire LTDS (Centrale Lyon-ENISE), MISUTECH développe MISULAB, le premier logiciel capable de prédire les effets réels de l’usinage sur l’intégrité des surfaces (contraintes résiduelles, microstructure) afin d’optimiser la durabilité des composants.
▶️ NAMKIN
L'industrie est souvent restreinte à son outil productif, hors une entreprise industrielle traîne un problème historique : le marketing et la compréhension des besoins des clients. La relation client est devenue hybride, elle se déroule lors de moments physiques mais aussi digitaux. Le cycle de vente est complexe, long et souvent technique. Désormais, de nombreux collaborateurs sont porteurs de ces points de contacts et doivent proposer quotidiennement une expérience client cohérente et personnalisée. Dans ce contexte, l'accès à des données prétraitées, temps réel et avec un prisme de market intelligence est indispensable pour favoriser la performance business. Namkin a créé Iteraa : 1ère solution saas de market intelligence dédiées aux filières industrielles.
▶️ OBERON SCIENCES
Ōberon Sciences fournit aux industries fortement émettrices de poussières (extraction, métallurgie, cimenterie, démolition, mines) une solution inédite d’imagerie particulaire en temps réel, fondée sur l’IA. Son instrument breveté Aerōtape (CEA-CNRS) combine microscopie embarquée et reconnaissance automatisée pour identifier instantanément le type, la concentration et la source des particules en suspension.
▶️ OCTOMIRO
Octomiro transforme les systèmes d’information industriels en plateformes intelligentes pilotées par un Agent d’IA capable de voir, comprendre et agir à partir des flux vidéo existants. L'Agent IA utilise les caméras déjà présentes dans l’usine comme des yeux, observant en continu les opérations pour détecter, compter, vérifier et analyser en temps réel les flux physiques et humains.
▶️ PURENAT
La pollution de l’air est l’un des plus grands défis sanitaires, environnementaux et économiques de notre époque. Face à l’inefficacité des systèmes de filtration classiques, qui se contentent de piéger les polluants sans les éliminer, Purenat a développé une technologie de rupture permettant de dépolluer l’air durablement et efficacement. La solution repose sur un textile actif photocatalytique 2 en 1 capable de décomposer les polluants en molécules inoffensives (comme la vapeur d’eau), plutôt que de simplement les retenir. Inspirée de la photosynthèse des microalgues, cette fibre biomimétique offre une efficacité jusqu’à 35 fois supérieure à certaines solutions conventionnelles.
▶️ SPARE PARTS 3D
THEIA : une solution de rupture pour la digitalisation industrielle. L’industrie mondiale fait face à un goulot d’étranglement majeur : la reconstruction de modèles 3D à partir de plans 2D. Des milliards de pièces, encore documentées uniquement sous forme de dessins techniques papier ou PDF, constituent un frein à la transformation digitale (industrie 4.0, jumeaux numériques, simulation, impression 3D, AR/VR). Aujourd’hui, cette tâche est manuelle, chronophage, coûteuse et dépendante d’experts rares, souvent externalisés vers des zones à faible coût de main-d’œuvre.
▶️ SYCON
Les usines fonctionnent avec des équipements hétérogènes, souvent anciens et peu connectés. La donnée est dispersée, les équipes manquent d’indicateurs fiables et actionnables, et les contraintes de cybersécurité/IT freinent les déploiements. Il faut un moyen simple, rapide et sûr pour mesurer, corréler production/qualité/énergie et décider au quotidien.
▶️ WUDO
L'accélération fulgurante des grandes transitions (digitale, écologique, managériale), amplifiée par des tensions géopolitiques et des ruptures technologiques, plonge l'entreprise dans un environnement d'une complexité inédite. Face à ce rythme effréné, les modèles de transformation traditionnels, descendants et rigides, sont désormais inopérants.
L'électrification de l'industrie
L'électrification répond à un triple enjeu : la souveraineté (en important moins de petrole et gaz), la stabilité des prix sur le long termes (la France étant autonome en production) et la crise climatique (réduction des emissions de CO2).
L’électrification⚡revient en force en 2026, poussée par le premier ministre Sébastien Lecornu, dans une prise de parole à Matignon le 10 avril 2026. Cette volonté politique, clairement affichée, répond à un triple enjeu : décarboner nos activités, assurer une meilleure souveraineté et privilégier des énergies au coût plus stable sur le long terme
✅ La décarbonation répond tout d’abord à la problématique du réchauffement climatique car électrifier les usages permet de réduire l’utilisation de combustible fossile (pétrole et gaz), responsable des émissions de C02. Une partie seulement de la population, semble-t-il, est sensible à cet enjeu. Il semble lointain pour beaucoup d’autres et déconnecté de leurs problèmes du quotidien. Les émissions de CO2 ne sont pas au coeur du débat public par rapport aux 3 défis qui semblent majeurs aux yeux des citoyens : le pouvoir d’achat (44 %), l’insécurité (39 %) et la réduction de la dette (38 %).
✅La souveraineté a pris sens suite à la guerre en Ukraine et en Iran où nous avons ressenti notre dépendance aux hydrocarbures avec un risque de rupture d’approvisionnement. C'est ce même enjeu d'indépendance qui avait poussé à la massification du nucléaire via la technologie REP (plan Mesmer en 1974). Le coût des achats de pétrole et gaz s'élève à 53 Milliards d’€ en 2025. En cas de rupture d’approvisionnement, l'État arrêterait sans doute des sites industriels très énergivores. En effet, il est plus simple, politiquement, de couper momentanément le fonctionnement de quelques sites plutôt que de priver d’énergie les ménages. La souveraineté est essentiellement un enjeu pour le gouvernement et les entreprises et très peu, sans doute, pour les particuliers
✅La stabilité des prix est fortement impactée par les situations de crise comme celle que nous vivons actuellement avec le blocage du détroit d’Ormuz suite à l’intervention des Etats-Unis. Les cours pétroliers étant mondiaux, une baisse de l’offre entraîne mécaniquement des prix plus élevés à la pompe et une augmentation des matières premières dérivées du pétrole (plastique, polymère ...) ou transformées à l’aide de procédés thermiques non électrifiés. Cet enjeu est, à ce jour, celui qui inquiète le plus les ménages en lien avec la diminution de leur pouvoir d’achat (la préoccupation n° 1). L’enjeu du prix de l’énergie est facile à appréhender et touche presque toute la population (citoyens, entreprises, collectivités). Une électrification des usages massive garantirait une meilleure stabilité des prix. La France est en effet indépendante en matière de production d’électricité (nucléaire, hydraulique, éolien, solaire). De nombreuses entreprises utilisent des procédés thermiques encore alimentées aux hydrocarbures (gaz ...) et switcheront progressivement vers l'électrique.
⏩ Si l’électrification de la société française touche 3 enjeux, le prix a un plus fort impact que la souveraineté ou le réchauffement climatique.